La première guerre mondiale et ses conséquences.


LE BILAN DE LA GUERRE


Tableau de Fernand Léger.


Les "Gueules cassés" lors du défile du 14 juillet 1919, devant l'arc de Triomphe.


Le gardien du carrefour de l'armistice. En 1918, il y a environ 15 000 blessés de la face en France.

 Les morts et les blessés au front
 

 Mobilisés
(en millions)

 Morts
(en millions)

 Blessés
(en millions)

 Morts et blessés
(en % des mobilisés)

 France

 8,4

 1,35

 3,5

 60%

 Royaume-Uni

 8

 0,95

 2

 37%

 Italie

 5,5

 0,5

 ?

 ?

 Etats-Unis

 4

 0,1

 0,2

 8%

 Allemagne

 13

 1,6

 4

 41%

 Autriche-Hongrie

 9

 1,45

 2

 38%

 
Ossuaire de Douaumont


Des mutilés
 
Des villes detruites


Arras à la fin de la guerre

Destructions et reconstruction dans le département de la Somme.
Les destructions matérielles :
. 200 000 ha de terres labourables à niveler et à remettre en culture, soit 10% des dégâts subis par la France ;
. Sur 380 villages touchés par la guerre, 205 détruits en totalité, soit 25% des communes du département ;
. 6 761 km de routes, chaussées et chemins à refaire ou à réparer ;
. 1 200 ateliers et usines anéantis, pour plus de 258 millions de francs de 1914.
. Au 1er avril 1921, le préfet Morain estime à plus de 2 millions et demi de francs (valeur de 1914) le total des dommages subis dans le département. "Quant aux hommes, eux, ils n'ont pas de prix."
Au 1er janvier 1928, plus de 10 000 immeubles sont encore à reconstruire ou à achever, et plus de 10 000 immeubles agricoles, 106 écoles, 81 églises. A partir de 1923, le rythme des travaux s'est beaucoup ralenti devant les difficultés financières de l'Etat.
D'après les rapports des préfets, 1918-1928.

 

   La dette publique en 1913

 La dette publique en 1913

 intérieure

 extérieure

 Total

 R-U

 3,3

 32

 6,2

 38,2

 France

 6,6

 35

 6,5

 41,5

 Allemagne

 1,3

 43

 -

 43

 
Lens à la fin de la guerre

UNE SOCIETE BOULEVERSEE
Pendant cette guerre qui, pour la première fois, les avait fait sortir de leur petit univers, les jeunes n'avaient pas seulement appris à tuer ; ils avaient également découvert qu'au-delà des limites de leur commune ou de leur canton, il y avait un monde.(...) La fréquentation et la fraternité qui les avaient liés pendant des années, leur avaient aussi enseigné qu'il était possible de gagner son pain autrement qu'en labourant car, outre le pinard et le tabac, ils avaient échangé des idées, comparé leurs modes d'existence, leurs travaux, leurs salaires. Ils durent se faire à l'idée que les femmes étaient capables de les remplacer en tout et de gérer la ferme aussi bien qu'eux.
C. Michelet, Des grives aux loups, Robert Laffont, 1979.

LE DECLIN DE L'EUROPE

Quand on songe aux conséquences de la Grande Guerre, qui vient de se terminer, on peut se demander si l'étoile de l'Europe ne pâlit pas et si le conflit dont elle a tant souffert n'a pas commencé pour elle une crise vitale qui présage la décadence. En décimant ses multitudes d'hommes, vastes réserves de vie où puisait le monde entier ; en gaspillant ses richesses matérielles (...) ; en détournant pendant plusieurs années les esprits et les bras du labeur productif vers la destruction barbare (...). Déjà la fin du XIXe siècle nous avait révélé la vitalité et la puissance de certains nations extra-européennes comme les Etats-Unis ou le Japon. En précipitant l'essor de ces nouveaux venus, en provoquant l'affaiblissement de l'Europe, en créant ainsi un profond déséquilibre entre eux et nous, la guerre n'a-t-elle pas ouvert pour notre vieux continent une crise d'expansion ?
A. Demangeon, Le Déclin de l'Europe, Payot, 1920.