Soldats et civils pendant la Première Guerre mondiale

 1915

Je ne sais pas si je pourrais dormir dans un lit à présent, on est habitués à coucher par terre ou sur la paille quand on peut en trouver. Il y a bien deux mois que je ne me suis pas déshabillé, et j'ai enlevé mes souliers cette nuit pour dormir ; il y avait au moins quinze jours que je ne les avait pas quittés.
Je vais te donner quelques détails comment nous avons passé la nuit dans la tranchée. Celle que nous avons occupée (...) a une longueur de cent mètres à peu près, construite à la lisière d'un petit bois, à trois mètres en dedans ; elle est profonde d'un mètre, la terre rejetée en avant, ce qui fait que l'on peut passer debout sans être vu. La largeur est généralement de quinze centimètres et l'on fait de place en place des endroits un peu plus larges de façon à pouvoir se croiser quand on se rencontre. Dans le fond de la tranchée et sous le terrain, on creuse de petites caves où un homme peut tenir couché, c'est pour se garantir des éclats d'obus.

Adophe Wegel

Document 1 : Lettre d'un soldat à sa femme.

 Le 3 mai 1916

Tu ne peux pas te faire idée, ma chère, combien nous sommes malheureux ; donc pourtant je n'ai pas trop l'habitude de me plaindre, mais ce coup-ci j'y suis obligé car c'est une chose au-dessus de l'imagination, c'est à ne pas pouvoir te dire. Dans ce tunnel, nous sommes une affaire de trois mille hommes en réserve, dans une humidité car l'eau ruisselle tout le long des murs, et il faut pourtant coucher là sur la voie de chemin de fer. On va chercher les vivres en pleine nuit près de Verdun, accompagnés tout le long du chemin par les obus, ce qui fait que nous ne pouvons faire qu'un repas par jour et sans soupe. Pour se rendre aux premières lignes, c'est très pénible et très dangereux ; un kilomètre environ avant d'arriver, il y a un passage dénommé le ravin de la mort, qui sait les hommes qu'il y a de tués la-dedans ; il faut y passer, il n'y a pas d'autre endroit.

Joseph Gilles


Document 2 : Lettre d'un soldat à sa femme.


Document 3 : En France, une file d'attente devant un magasin d'alimentation pendant la Première Guerre mondiale.


Document 4 :
Une usine d'armement.

QUESTIONS : (8 points)
Document 1 :
Où les soldats sont-ils installés ? Donnez une définition de l'endroit.(1,5 point)
D'après ce texte, que pouvez-vous conclure de l'hygiène au front ? (1 point)
Document 2 :
Relevez dans le texte ce dont le soldat se plaint, en évitant de recopier les phrases. (3 points)
Document 3 :
Quelle difficulté des populations ce document illustre-t-il ? (1 point)
Document 4 :
De qui le personnel de cette usine est-il composé ? Pourquoi ? (1,5 point)
PARAGRAPHE ARGUMENTE : (10 points)
A l'aide de vos réponses aux questions et de vos connaissances, rédigez un paragraphe d'une vingtaine de lignes pour expliquer les souffrances des soldats et les difficultés des populations pendant la première guerre mondiale.
Soignez l'orthographe et la rédaction. (2 points)